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CARNET
DE ROUTE
N°
6/12 |
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" Le tapis, le jazz et la musique classique
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17 août 2003
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Istanbul à Avanos (Cappadocce)
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Ahmet Diler est un spécialiste du tapis d’Asie centrale. Explication, à Avanos en Cappadocce, sur l’origine du tapis, sa fabrication et la façon d’en acheter.
« Le tapis Kilim représente le jazz alors que le point noué persan s’assimile à de la musique classique ». Ahmet Diler, 46 ans, est l’un des tous meilleurs spécialistes du tapis d’Asie centrale. Cet acheteur et revendeur travaille sur le sujet depuis 25 ans. Francophone, ce Turc réalise, de par le monde, des conférences sur l’histoire du tapis mais il a une prédilection pour le Kilim, le tapis de sa région. « Ce mode de tissage est la résultante d’une tradition orale, explique-t-il. Les artisans ont des motifs en tête, une mélodie. Ensuite, ils improvisent avec une technique s’assimilant à celle du jazz ».
Les premiers Kilim sont originaires de Catalhôyük, près de Konya, à 400 kilomètres à l’ouest d’Avanos. « Ces tapis sont probablement nés au néolithique, vers – 3 000, précise Diler. On a découvert des fibres dans des habitations où l’on rentrait par le t oit. Ces Kilims avaient une fonction cultuelle. Ils étaient accrochés au mur. Ils figuraient une déesse de la fécondité. On retrouve ces mêmes motifs parfaitement stylisé sur les tapis actuels. Les Kilims sont donc nés en même temps que les premières vil les ». A l’origine, les Kilims servaient également à envelopper les morts. Trois thèmes revenaient systématiquement dans la construction du tapis : la fécondité, la fertilité et la protection contre le mauvais œil. « C’est une trinité toujours présente » , précise, philosophe, Diler. Historiquement, le Kilim est un tapis assez archaïque. Il vient juste après les tapis en feutre non tissé. Puis viennent les techniques des points noués d’origine persane qui apparaissent vers le cinquième siècle avant notr e ère. Ils permettent de réaliser des tapis plus fins mais moins solides. Au fil du temps, les techniques se sont améliorées. Les teintures de plus en plus sophistiquées sont apparues : les racines de garance pour le rouge, le cehri, graine d’un arbuste de la Cappadocce, pour le jaune, des coques de noix pour le brun, des feuilles fermentées pour les pastels. Il fallait aussi plusieurs bains pour trouver le bleu parfait. Enfin, le mordant a été créé pour fixer les couleurs. L’histoire des tapis est auss i l’histoire de la route de la soie. Des motifs anatoliens, grâce au commerce caravanier, ont été utilisés par les Perses alors que les Turcs s’emparaient des motifs iraniens.
Aujourd’hui, Diler tente de sauvegarder le patrimoine des tapis sur toute la route de la soie. Il recherche, d’Istanbul à la Chine, la façon dont les tapis étaient fabriqués. Il arpente aussi les marchés d’Asie centrale pour acheter et revendre des pièce s. « La plaque tournante de ce commerce se situe à Peshawar au Pakistan, commente-t-il. On y vend de tout : des armes, de la drogue et aussi des tapis. « Mais ces échanges sont récents, précise Dyler. Il y a trente ans, personne n’en vendait. On s’en ser vait pour faire des coussins, des sacs à blé, à sel, des paravents, des besaces pour les chevaux mais pas pour faire de l’argent ». Les choses ont bien changé. La Turquie est un grand producteur de tapis tout comme l’Iran. « Il faut se méfier lorsque vou s achetez un tapis, conclut le spécialiste. Il faut regarder le matériau avec lequel il a été réalisé. Il faut savoir si cela a été filé à la machine ou à la main. Il est important de savoir si les teintures vont tenir. Bref, pour un néophyte, difficile de s’y reconnaître. Il faudra faire confiance au marchand de tapis… Et ces derniers ont de l’imagination. L’un d’entre eux m’a certifié que le rouge de son spécimen avait pour origine le sang humain. C’est une pure affabulation. Mais cela plaît aux touri stes. Alors la rumeur se répand ».
Ahmet Diler dispose d’un magasin à Avanos en Turquie (www.kirkit.com) et de deux officines à Paris en France (OO 33 1 42 78 03 02).
Texte : Gwenole Guiomard (gguiomard@free.fr)
Photos : Mark Buscail (buscailm@club-internet.fr)
Webmaster : Cyril Delafosse (cyril@taklamakan.net)
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