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    CARNET DE ROUTE
N° 8/12
 
     
     
" Une frontière « incorruptible » "
     
   















 
 
 
19 août 2003
 
 
Dogubayazit (Turquie) à Bazargan (Iran)

 



Le douanier iranien n’est pas homme à plaisanter. La loi, c’est la loi. Récit de 24 heures de négociations avec le gabelou perse. Il est moins intransigeant qu’il n’y parait.




Nous devons faire amende honorable. Pour entrer sur le territoire iranien, nous n’avions pas de carnets de passage en douane pour les voitures. Or ce document garantit à l’Etat iranien que nous n’allons pas revendre nos voitures dans le pays. Un véhicule
avait omis de changer ses plaques d’immatriculation pour les faire coïncider avec sa nouvelle carte grise. L’un des expéditionnaires avait bourré son camion d’alcool pour n’en point manquer en Iran. Pour compléter le tableau, façon radeau de la Méduse,
un équipage souhaitait faire entrer en Iran une deux chevaux Citroën dont le toit avait été, au préalable, cisaillé à la scie circulaire.
Avec un telle équipe, il a fallu bien du courage aux douaniers iraniens pour tenter de retrouver leurs esprits. Imaginez la réaction du fonctionnaire strasbourgeois voyant passer devant lui une troupe d’Afghans, destination l’Espagne et ses châteaux. Nos
enturbannés conduiraient des voitures à faire tourner de l’œil tout fonctionnaire un peu scrupuleux du service des Mines. Une partie des expéditionnaires aurait éclusé le stock de Mariejeanne pour se conformer aux habitudes françaises. Il aurait fallu b
eaucoup de force de conviction pour régler l’affaire. C’est la technique que nous avons utilisée.
Une fois passée la douane turque, il a donc fallu se présenter à la maréchaussée iranienne. Un traducteur et guide turc, Mehmet, nous a grandement aidé dans cette tâche. Ce petit homme, la cinquantaine joviale, s’est multiplié, passant alternativement d’
une douane à l’autre, les passeports dans une monde, les autorisations dans l’autre. Une opération qui a lentement donné ses fruits. Arrivé vers 16 heures, devant la frontière iranienne, il a d’abord fallu attendre cinq à six heures pour voir passer l’un
e de nos voitures du côté iranien. A chaque passage, la douane iranienne ouvrait une large grille pour laisser filer, avec parcimonie, un véhicule ou deux. Comme notre convoi en comptait une dizaine, c’est vers deux heures du matin que l’ensemble du conv
oi a franchi la frontière iranienne. Tout cela pour apprendre que cette dernière venait de fermer. Les fonctionnaires iraniens nous ont alors invités à dormir sur le parking. C’est alors que l’expédition, une fois n’est pas coutume, a montré toute son or
ganisation. En deux temps, trois mouvements, tout le monde a déployé ses tentes et autres duvets pour occuper un petit espace herbeux.
Pour les bus iraniens remplis de ressortissants du pays, le contact avec leurs douaniers ne constituaient pas une meilleure expérience que la nôtre. Avec les autochtones, les pandores s’en donnaient aussi à cœur joie, exigeant que tous les sacs soient ou
verts, que le car soit fouillé de fond en comble, bas de caisse compris. Pas étonnant dans ces conditions que l’attente est durée jusqu’au petit matin. C’est alors qu’il a fallu passer le deuxième contrôle : celui des voitures.
En contre-bas de la douane des passagers, se trouve un vaste bâtiment, siège de l’intelligentsia douanière de Bazargan. Le bâtiment est surchauffée et remplit d’hommes d’affaires qui échangent avec les fonctionnaires des milliers de petits papiers. Parfo
is, une bagarre éclate et les businessmen sont obligées de retenir leur collègue de ne pas terminer la négociation sur un ring. Là encore, Mehmet, fougueux colonel menant ses troupes à l’assaut de la citadelle iranienne, s’est démené comme un beau diable
. Il a tout d’abord fallu expliquer pourquoi nous n’avions pas de carnet de passage en douane. Pour faire passer cette pilule administrative, le gabelou local avait tout d’abord proposé 300 dollars par voiture. Devant notre refus, un compromis a vu le jo
ur : nous serions escorté jusqu’à la frontière afghane par deux fonctionnaires des douanes. En trois jours, ces derniers devaient nous conduire, toute affaire cessante, de l’autre côté du pays. Ils seraient, bien sûr, à notre charge, hôtel compris. Avec
cette solution, envolées donc les volontés des scientifiques de visiter Kâshân et Ispahân. Malgré cela, ce programme a été accepté. Nous avons quitté Bazargan, deux douaniers dans les voitures, vers 16 heures. Soit 24 heures, heure pour heure, après notr
e arrivée à la frontière iranienne.
A Tabriz, première étape de notre périple avec les douaniers, une deuxième négociation s’est engagée. Les gabelous, contre dollars sonnant et trébuchant, ont accepté de nous laisser continuer notre périple. Sans eux.




Texte : Gwenole Guiomard (gguiomard@free.fr)
Photos : Mark Buscail (buscailm@club-internet.fr)
Webmaster : Cyril Delafosse (cyril@taklamakan.net)

 

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